Baastian Frich
Académie

Instants volés à l’Académie de Bâle

« Nous n’avons pas d’autre objectif avec cette académie, que d’être ensemble. Il s’agit d’explorer la notion de Free Zone élaborée lors de l’academie 2015 à Venise. » Et que se passe-t-il pendant cinq jours, quand Christopher Crimes, le délégué général du Nature Addicts Fund, un fonds dédié à l’art et à la nature, introduit par ces mots une académie, par une après-midi du mois de juin, à Bâle ? Qu’arrive-t-il quand le curateur de cet événement, Stéphane Verlet-Bottéro, enchaîne en évoquant l’intérêt de Rolland Barthes pour le mot « idiorythmie » (qu’on peut résumer ainsi : trouver son rythme au sein du groupe), l’utopie déviée du Mont Athos ou encore les « initiatives de résilience qui sont aussi des endroits créatifs où l’on peut tomber amoureux » ?

On obtient avec ces quelques formules magiques une alchimie précieuse, pendant cinq jours, entre onze artistes, une directrice d’académie de festivals internationaux, des scientifiques et des acteurs locaux de la transition.

 

Dans les semaines qui viennent, ces artistes raconteront sur les pages de ce site comment cette expérience est liée à leur travail, en quoi elle le nourrit. En attendant, voici quelques moments volés.

 

Secret de l’univers

Ugo Bardi (professeur de chimie à l’Université de Florence, spécialiste de la fin des ressources) livre le secret de l’univers grâce à un sablier, montre la fréquence très mathématique des catastrophes, l’intérêt d’une montre à gousset, l’absurdité de la présence de terres rares dans un briquet jetable vendu à deux milliards d’exemplaires chaque année dans le monde…

 

« Octopussy love ».

Chus Martínez raconte comment on devient directrice d’une école d’art majeure sans être soi-même artiste mais en étudiant la philosophie. Elle conclut en disant : « Ma seule mission serait d’accomplir une simple révolution, une école d’art pour les femmes, un endroit où l’on donnerait aux femmes le pouvoir d’agir. » Entre ces deux moments, Chus Martínez déploie une pensée libre, agile, documentée, implacablement articulée et… impossible à résumer. Pour en avoir un aperçu, on peut lire par exemple l’un de ses textes, « The Octopus in love » en cliquant ici.

 

Rencontre entre sauge et groseille

Bastiaan Fricht (vice président du Réseau d’agriculture urbaine de Bâle) emmène les artistes à travers un ancien jardin de monastère plein de framboises, de mélisse, de pommiers, d’herbes folles, de treilles, de ruches… Il installe la troupe sur l’un des quatre bacs (Rheinfähre) qui traversent le Rhin grâce à la seule force du courant, accrochés à un câble d’acier. L’entraîne ensuite dans un stade de football dont les gradins sont devenus une forêt sauvage. Et plus loin, sous un arbre, Sjim Hendrix l’artiste cuisinier du groupe, cueille des groseilles et de la sauge, qu’il marie pour les faire goûter à l’assemblée.

 

Vivre et danser comme un roseau

Sophie Krier initie ses pairs à Systema, une technique russe d’autodéfense, inspirée de l’aïkido, grâce à laquelle on apprend à survivre comme à gérer sa propre colère, à se laisser traverser par les évènements violents.