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Académie

Elefsina, ville antique tournée vers 2021

Elefsina a été désignée capitale européenne de la culture pour l’année 2021 : la nomination de cette ville industrielle à l’Ouest d’Athènes en a surpris plus d’un… Si la gloire antique d’Elefsina est indiscutable, le développement incontrôlé de son industrialisation a changé le paysage : aujourd’hui les statues grecques se dressent sur fonds de cheminées d’usines désaffectées.


 
La ville organise l’un des plus grands festivals de théâtre du pays, Aeschylia, fondé en 1975, mais c’est surtout après la grande installation de Michaelangelo Pistoletto qu’ont débuté les préparatifs de la candidature d’Elefsina, soutenue par le N.A ! Fund. Cet artiste a créé une grande œuvre in situ dans une ancienne fabrique d’huile d’olive, questionnant la relation que les hommes entretiennent avec la nature. Il a ainsi rappelé que l’art pouvait redonner vie à cette ville quelque peu laissée-pour-compte.
Eleusis a pourtant été un centre important, construit autour du temple de Déméter, déesse de l’agriculture et des moissons. Selon la mythologie, Déméter est arrivée dans la ville déguisée en vieille femme, pour retrouver sa fille Perséphone, enlevée par Pluton, le Dieu des Enfers. Lorsque son identité a été révélée, Déméter a convaincu le roi de la ville de construire un temple en son honneur, pour pleurer la perte de sa fille. Sa tristesse a empêché la floraison, incitant Zeus à intervenir et forcer Pluton à libérer la jeune fille deux tiers de l’année sur Terre, restant dans les Enfers le reste du temps. Afin de remercier les gens d’Eleusis pour leur hospitalité, Déméter leur a enseigné comment adorer et cultiver la terre.
Ces légendes en font une des villes les plus sacrées du monde à l’Antiquité. Les traces de cette période faste sont omniprésentes, par la présence des statues, les restes de bâtiments antiques, mais aussi par le nom des rues, fortement inspiré de l’époque antique : se promener dans la ville se rapproche d’une balade dans le temps. Les spécialistes aiment à dire qu’une ville entière reste cachée sous l’Elefsina moderne, et qu’elle attend simplement d’être mise en lumière…
La course à l’industrialisation a modifié durablement le paysage, avec la multiplication des usines et des chantiers navals. La population d’Elefsina a été doublée avec l’afflux de réfugiés de l’Asie Mineure dans l’entre-deux guerre ; d’autres réfugiés de guerre ont rejoint la ville durant le siècle, en faisant une véritable terre d’accueil. Aujourd’hui encore, la ville a une vraie politique d’accueil et d’hospitalité pour les réfugiés.

 

Avec sa nomination comme capitale européenne de la culture, Elefsina ambitionne être un modèle pour d’autres villes européennes : fragilisée par la crise, elle investit pourtant dans la culture, non seulement pour le tourisme, mais aussi pour le bien-être de ses habitants. De nombreuses restaurations de bâtiments industriels, de nouveaux parcs et divers événements culturels sont prévus à l’horizon 2021. La ville a choisi d’orienter son projet vers l’écologie, pour imaginer une « smart city », responsable, tournée vers le développement durable et la cohésion sociale.

 

 Dead Can Dance – Eleusis

 

Plus d’informations : http://www.greece-is.com/elefsina-mysterious-ancient-town-named-european-culture-capital/ 

 

Crédit photo : © Perikles Merakos